Logement et immobilier en Palestine

Le marché immobilier palestinien se concentre sur quelques villes de Cisjordanie, avec des prix élevés au regard des revenus locaux, un régime foncier complexe et des contraintes administratives qui varient fortement selon le découpage territorial issu des accords d'Oslo.

Marché immobilier de Ramallah

Ramallah et sa voisine Al-Bireh forment le marché le plus tendu, sous l'effet de la concentration des administrations, des organisations internationales et des sièges d'entreprises. La demande de logements et de bureaux y a fait monter les prix et les loyers bien au-dessus des autres villes, avec une prédominance des immeubles en copropriété.

Prix dans les villes de Cisjordanie

Naplouse, Hébron, Bethléem et Jénine présentent des niveaux nettement inférieurs, avec des écarts marqués entre les centres anciens et les extensions périphériques. Les transactions se libellent souvent en dinars jordaniens ou en dollars pour les montants importants, tandis que les loyers courants se règlent en shekels. Le crédit hypothécaire reste peu développé et une large part des acquisitions repose sur des fonds propres, sur l'aide familiale et sur les transferts de la diaspora.

Propriété foncière et registre

Le régime foncier superpose des catégories héritées du droit ottoman, du mandat britannique, de l'administration jordanienne et de l'occupation israélienne. Une partie seulement des terres a fait l'objet d'un cadastre achevé, ce qui alimente des litiges de propriété et complique les ventes.

Zone C et permis de construire

La zone C, qui couvre environ soixante pour cent de la Cisjordanie, demeure sous administration civile et militaire israélienne, laquelle délivre les permis de construire. Les autorisations accordées aux Palestiniens y sont rares, ce qui conduit à des constructions dépourvues de permis.

Démolitions

Les organisations des Nations unies recensent chaque année des démolitions de structures palestiniennes, pour absence de permis ou à titre punitif. Pour l'année 2026, les données publiées par le bureau de coordination des affaires humanitaires faisaient état de plus de mille structures démolies en Cisjordanie et de plus de quatorze cents personnes déplacées en conséquence.

Destructions à Gaza

Le parc de logements de la bande de Gaza a été détruit ou endommagé dans des proportions massives depuis octobre 2023. L'évaluation conjointe de la Banque mondiale, des Nations unies et de l'Union européenne chiffre les besoins de relèvement et de reconstruction du territoire à environ 71,5 milliards de dollars.

Achat par des étrangers

L'acquisition de biens par des non-résidents demeure possible dans les zones administrées par l'Autorité palestinienne, sous réserve d'autorisations et d'une vérification approfondie des titres. Le recours à un avocat local et l'examen préalable du statut de la parcelle constituent la pratique courante.