Peuples, langues et religions

La population des territoires palestiniens forme un ensemble largement homogène sur le plan linguistique, mais composé de plusieurs communautés religieuses dont certaines comptent parmi les plus anciennes du Proche-Orient. Les effectifs de ces minorités ont fortement diminué depuis le vingtième siècle.

Composition religieuse

Les Palestiniens musulmans, en très grande majorité sunnites, représentent plus de quatre-vingt-quinze pour cent de la population des territoires. Les chrétiens constituent la principale minorité reconnue et disposent de sièges réservés dans plusieurs conseils municipaux. La Loi fondamentale palestinienne reconnaît l'islam comme religion officielle tout en garantissant le respect des autres cultes monothéistes.

Chrétiens palestiniens

Le recensement palestinien de 2017 dénombrait environ quarante-sept mille chrétiens dans les territoires, dont la quasi-totalité en Cisjordanie et un peu plus d'un millier à Gaza. Le gouvernorat de Bethléem en réunit près de la moitié, devant Ramallah et Jérusalem. Le déclin démographique est marqué, puisque les chrétiens représentaient près de dix pour cent de la population de la Palestine mandataire au début des années 1920. L'émigration vers les Amériques, l'Europe et l'Australie explique l'essentiel de cette évolution. Les principales confessions sont l'Eglise grecque orthodoxe, les Eglises catholiques latine et melkite, ainsi que des communautés arméniennes et protestantes.

Samaritains du mont Garizim

Les Samaritains forment l'un des plus petits groupes ethnoreligieux du monde, avec environ neuf cents membres au total. Un peu moins de la moitié vit à Kiryat Louza, sur le mont Garizim, au-dessus de Naplouse, le reste résidant à Holon en Israël. La communauté de Cisjordanie parle l'arabe au quotidien et emploie l'hébreu samaritain dans la liturgie. Ses membres disposent à la fois de documents israéliens et palestiniens.

Bédouins

Les communautés bédouines vivent principalement dans la vallée du Jourdain, dans les collines à l'est de Jérusalem et dans le Néguev, ce dernier ensemble se trouvant en territoire israélien. Les groupes installés en zone C font l'objet de démolitions et d'ordres de déplacement régulièrement documentés par les organisations humanitaires.

Arméniens de Jérusalem

La présence arménienne à Jérusalem s'organise autour du patriarcat et du quartier qui porte ce nom dans la vieille ville. La communauté s'est renforcée après 1915 avec l'arrivée de rescapés du génocide. Elle ne compte plus aujourd'hui que quelques centaines à quelques milliers de personnes selon les estimations disponibles.

Langues, diaspora et réfugiés

L'arabe constitue la langue officielle et l'usage quotidien relève des parlers levantins. L'hébreu est pratiqué par de nombreux travailleurs, et l'anglais reste très présent dans l'enseignement supérieur. La diaspora palestinienne, répartie principalement en Jordanie, au Chili, dans les pays du Golfe et en Amérique du Nord, dépasse en nombre la population des territoires selon les estimations palestiniennes. Les réfugiés enregistrés auprès des Nations unies constituent une composante centrale de cette identité dispersée.