Scène politique palestinienne

La vie politique palestinienne s'organise autour de formations issues du mouvement national, dont les rapports de force n'ont pas été mesurés par un scrutin général depuis 2006. La division territoriale entre la Cisjordanie et la bande de Gaza structure depuis 2007 l'ensemble du paysage partisan.

Fatah

Le Fatah, fondé à la fin des années 1950 et longtemps dirigé par Yasser Arafat, constitue la principale composante de l'Organisation de libération de la Palestine. De sensibilité nationaliste et laïque, il dirige l'Autorité palestinienne et défend une solution négociée fondée sur deux Etats. Le mouvement connaît des tensions internes marquées entre générations et autour de la succession de Mahmoud Abbas.

Hamas

Le Hamas est né en 1987 dans la mouvance des Frères musulmans et combine action sociale, projet islamiste et lutte armée. Il administre la bande de Gaza depuis 2007. Plusieurs Etats, dont les membres de l'Union européenne, les Etats-Unis et le Canada, l'inscrivent sur leur liste d'organisations terroristes, tandis que d'autres pays maintiennent des contacts avec sa direction politique.

Gauche nationaliste et Jihad islamique

Le Front populaire de libération de la Palestine, fondé en 1967 par Georges Habache, incarne le courant marxiste et nationaliste arabe et conserve une audience limitée mais réelle dans les universités et les syndicats. Le Front démocratique et le Parti du peuple occupent des positions voisines. Le Jihad islamique palestinien, créé au début des années 1980, se tient à l'écart des institutions et refuse de participer aux élections.

Scrutin législatif et division

Les élections législatives du 25 janvier 2006 ont donné la majorité à la liste soutenue par le Hamas, avec soixante-quatorze sièges sur cent trente-deux, devant le Fatah. Le refus de plusieurs bailleurs de traiter avec le gouvernement issu de ce scrutin, puis l'échec du gouvernement d'union, ont débouché en juin 2007 sur des affrontements armés et sur la prise de contrôle de Gaza par le Hamas. Deux administrations coexistent depuis lors.

Tentatives de réconciliation

Les accords signés à La Mecque en 2007, au Caire en 2011 et en 2017, à Doha en 2012 puis la déclaration adoptée à Pékin en juillet 2024 ont tous prévu un gouvernement d'union et l'organisation d'élections. Aucun n'a été appliqué durablement. Les désaccords portent sur le contrôle des forces de sécurité, sur l'intégration du Hamas dans l'Organisation de libération de la Palestine et sur le calendrier électoral.

Opinion publique et succession

Les enquêtes du Centre palestinien de recherche politique et d'études, principal institut de sondage local, indiquent une défiance massive envers la direction en place, une large majorité des personnes interrogées souhaitant la démission de Mahmoud Abbas. Marwan Barghouti, détenu en Israël, y apparaît régulièrement comme la personnalité la plus populaire. Ces résultats varient d'une vague à l'autre et leur interprétation dans le contexte de guerre appelle des réserves méthodologiques.