Libertés publiques en Palestine

La situation des libertés publiques dans les territoires palestiniens résulte de la superposition de plusieurs autorités, l'administration militaire israélienne, l'Autorité palestinienne en Cisjordanie et les structures du Hamas à Gaza. Les organisations spécialisées documentent des restrictions imputables à chacune de ces autorités.

Liberté de la presse

Reporters sans frontières classe la Palestine au cent cinquante-sixième rang sur cent quatre-vingts dans son édition 2026, après une cent soixante-troisième place l'année précédente. L'organisation décrit le territoire comme le plus dangereux au monde pour les journalistes. Les médias palestiniens subissent également des pressions internes, avec des poursuites liées à la loi sur la cybercriminalité adoptée en 2017.

Sécurité des journalistes

Reporters sans frontières recense plus de deux cent vingt journalistes tués par l'armée israélienne à Gaza depuis le 7 octobre 2023, dont au moins soixante-dix en lien direct avec leur activité professionnelle. D'autres organisations, comme le Comité pour la protection des journalistes, publient des décomptes proches mais non identiques, les méthodologies retenues différant. L'armée israélienne conteste plusieurs de ces qualifications. L'accès indépendant de la presse internationale à Gaza est resté très restreint pendant le conflit.

Société civile

Le tissu associatif palestinien est ancien et dense, avec des organisations de défense des droits humains reconnues au niveau international. En octobre 2021, le ministère israélien de la défense a désigné six d'entre elles comme organisations terroristes, décision que plusieurs Etats européens ont estimé non étayée après examen. Des militants signalent par ailleurs des arrestations menées par les services palestiniens en Cisjordanie et par les autorités de fait à Gaza.

Circulation et détention

La circulation en Cisjordanie est encadrée par un système de points de contrôle, de barrières et de permis, dont le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies suit l'évolution. La détention administrative permet l'incarcération sans inculpation ni procès sur la base d'éléments non communiqués à la défense, pour des périodes renouvelables. Le nombre de personnes concernées a fortement augmenté après octobre 2023 selon les organisations qui le suivent, mais les décomptes publiés diffèrent et ne sont pas confirmés de source officielle complète.

Situation des femmes

Les femmes palestiniennes atteignent des niveaux d'instruction élevés, alors que leur participation au marché du travail reste l'une des plus faibles de la région selon les statistiques palestiniennes. Le droit de la famille relève de juridictions religieuses. La Palestine a adhéré en 2014 à la convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, dont la mise en oeuvre fait l'objet de débats internes.

Positions des organisations internationales

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, les rapporteurs spéciaux mandatés par le Conseil des droits de l'homme et des organisations telles qu'Amnesty International ou Human Rights Watch ont publié depuis 2023 des rapports très critiques sur la conduite des hostilités et sur le régime d'occupation. Le gouvernement israélien conteste ces analyses et met en cause l'impartialité de plusieurs de ces instances.