Institutions politiques palestiniennes

Les institutions palestiniennes se répartissent entre trois structures dont les compétences se recoupent, l'Organisation de libération de la Palestine, l'Etat de Palestine et l'Autorité palestinienne. Cette architecture, conçue comme provisoire au milieu des années 1990, fonctionne depuis lors sans renouvellement électoral, ce qui nourrit un débat récurrent sur sa légitimité.

Autorité issue des accords d'Oslo

L'Autorité palestinienne a été créée le 4 mai 1994 par l'accord dit de Gaza-Jéricho, en application de la déclaration de principes signée à Washington en septembre 1993. Elle devait exercer des compétences civiles et sécuritaires limitées pendant une période intérimaire de cinq ans, au terme de laquelle un statut définitif aurait dû être négocié. Ce calendrier n'a pas été respecté et l'Autorité continue d'administrer une partie de la Cisjordanie, principalement dans les zones A et B.

Présidence et gouvernement

Mahmoud Abbas exerce la présidence depuis son élection en janvier 2005. Son mandat est arrivé à échéance en 2009 et a été prolongé sans scrutin, ce que ses adversaires contestent. Le gouvernement dirigé par Mohammad Chtayyeh a démissionné en février 2024 et Mohammad Mustafa a été nommé Premier ministre à la tête d'une équipe présentée comme technocratique en mars de la même année. En 2025, l'Organisation de libération de la Palestine a instauré une vice-présidence, mesure présentée comme une réponse aux interrogations sur la succession.

Conseil législatif

Le Conseil législatif palestinien compte cent trente-deux sièges et a été élu pour la dernière fois en janvier 2006. Ses travaux sont paralysés depuis 2007 par la rupture entre le Fatah et le Hamas et par l'arrestation de plusieurs de ses membres. La présidence a annoncé sa dissolution fin 2018, à la suite d'une décision de la Cour constitutionnelle, sans que des élections soient organisées. Depuis lors, la législation prend la forme de décrets présidentiels, pratique critiquée par des juristes palestiniens et par des organisations de la société civile.

Organisation de libération de la Palestine

Fondée en 1964, l'Organisation de libération de la Palestine demeure reconnue comme représentant du peuple palestinien, y compris dans la diaspora. Son Conseil national palestinien fait office d'assemblée et a proclamé l'indépendance de l'Etat de Palestine en 1988. Son Comité exécutif exerce en pratique les fonctions gouvernementales de l'Etat. Le Hamas et le Jihad islamique n'en sont pas membres, ce qui constitue l'un des points de blocage des négociations internes.

Administration de Gaza et justice

Le Hamas administre la bande de Gaza depuis 2007 au moyen de structures distinctes de celles de Ramallah. Les accords conclus à partir de 2025 prévoient la mise en place d'un dispositif de gestion transitoire, dont les modalités restaient discutées. L'appareil judiciaire repose sur un Conseil supérieur de la magistrature et sur une Cour constitutionnelle installée en 2016, dont l'indépendance a été mise en cause par plusieurs organisations après les décrets de réorganisation adoptés en 2019.