Commerce extérieur de la Palestine

Le commerce extérieur palestinien se caractérise par un déficit structurel, une forte concentration sur un partenaire unique et des procédures logistiques qui échappent en grande partie au contrôle des opérateurs palestiniens. Le cadre général reste celui du protocole de Paris de 1994.

Structure du commerce extérieur

Les importations dépassent très largement les exportations, ce qui creuse un déficit commercial permanent, comblé par l'aide extérieure et par les revenus du travail à l'étranger. Les ventes à l'étranger reposent sur un petit nombre de produits et sur des entreprises de taille modeste.

Poids d'Israël dans les échanges

Israël absorbe la grande majorité des exportations palestiniennes, de l'ordre de quatre cinquièmes selon les statistiques publiées, la Jordanie venant loin derrière. Cette concentration résulte de l'union douanière instaurée par le protocole de Paris et de la géographie des points de passage, qui oblige toute marchandise à transiter par le territoire israélien.

Accords avec l'Union européenne et la Belgique

Un accord d'association intérimaire lie l'Autorité palestinienne à l'Union européenne depuis 1997 et ouvre un accès préférentiel au marché européen pour les produits industriels et pour une partie des produits agricoles. La Belgique applique ce régime comme les autres Etats membres et distingue, dans l'étiquetage, les produits issus des colonies israéliennes de ceux qui proviennent des localités palestiniennes.

Produits exportés

Les principales ventes à l'étranger comprennent la pierre et le marbre, l'huile d'olive, les dattes medjoul de la vallée du Jourdain, les fruits et légumes, les produits agroalimentaires transformés, les meubles, les textiles et le savon. Des filières de commerce équitable écoulent une part de l'huile d'olive et des dattes vers l'Europe.

Contraintes douanières et logistiques

Les marchandises palestiniennes ne disposent ni de port ni d'aéroport propres et empruntent les infrastructures israéliennes. Le transbordement de camion à camion aux terminaux, les contrôles de sécurité et les listes de biens à double usage allongent les délais et renchérissent le fret. La taxe sur la valeur ajoutée et les droits de douane sont perçus par Israël puis reversés à l'Autorité palestinienne, selon un mécanisme suspendu en mai 2025 d'après la Banque mondiale.

Points de passage

Les échanges de Cisjordanie empruntent principalement les terminaux commerciaux établis le long de la ligne de séparation et le pont Allenby vers la Jordanie. Pour la bande de Gaza, les mouvements de marchandises dépendent du terminal de Kerem Shalom et d'un régime d'autorisation qui a varié fortement depuis octobre 2023.