Le marché du travail palestinien se caractérise par un chômage élevé, une forte proportion de jeunes diplômés sans emploi et une dépendance historique aux emplois offerts en Israël et dans les colonies. La guerre à Gaza et les mesures prises depuis octobre 2023 ont bouleversé ces équilibres.
Le Bureau central palestinien de statistiques a publié le 31 mars 2026 un taux de chômage de 28,7 pour cent en Cisjordanie pour l'année 2025, après 31,3 pour cent en 2024 et 18,3 pour cent en 2023. Le niveau de 2022 s'établissait à 13,1 pour cent. La Banque mondiale relève une décrue depuis un pic proche de 35 pour cent.
Les enquêtes de terrain ont été interrompues à Gaza depuis 2023, le dernier taux publié par le Bureau central palestinien de statistiques remontant à 45,3 pour cent en 2022. La Banque mondiale estimait le chômage à Gaza à 78 pour cent en 2025. L'essentiel de l'appareil productif du territoire a été détruit.
Avant octobre 2023, plus de cent mille Palestiniens de Cisjordanie détenaient un permis de travail pour Israël et pour les colonies, principalement dans la construction et dans l'agriculture, auxquels s'ajoutaient des travailleurs sans permis. Ces autorisations ont été suspendues après le 7 octobre 2023, ce qui a privé de revenus une part notable des ménages de Cisjordanie et pesé sur la consommation intérieure.
L'Autorité palestinienne compte parmi les premiers employeurs de Cisjordanie, avec ses administrations, ses écoles, ses hôpitaux et ses forces de sécurité. La Banque mondiale indique qu'elle n'a versé qu'entre 50 et 60 pour cent des salaires publics à la fin de 2025, faute de transferts de recettes fiscales. Une part importante de l'activité s'exerce dans l'informel, sans contrat ni couverture sociale.
Les jeunes diplômés connaissent des taux de chômage nettement supérieurs à la moyenne, en particulier les femmes, dont le taux de participation au marché du travail demeure bas. Un salaire minimum a été instauré par l'Autorité palestinienne, mais son application reste partielle. Les écarts de rémunération avec le marché israélien demeurent considérables, ce qui explique l'attrait durable des permis de travail.