Economie de la Palestine

L'économie palestinienne se caractérise par sa petite taille, sa fragmentation territoriale et sa dépendance structurelle envers Israël. Elle recouvre trois espaces séparés, la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza. Depuis octobre 2023, la guerre à Gaza et le durcissement des restrictions en Cisjordanie ont profondément modifié ses équilibres.

Poids économique et structure

Le Bureau central palestinien de statistiques évaluait la population des territoires palestiniens à 5 557 096 habitants au 31 décembre 2025, dont 2 114 301 dans la bande de Gaza, un chiffre revu à la baisse d'environ 10 pour cent par rapport au milieu de 2025. Les services représentent la majeure partie de la valeur ajoutée, devant l'industrie et l'agriculture, pour un produit intérieur brut de l'ordre d'une dizaine de milliards de dollars.

Cadre du protocole de Paris

Le protocole de Paris sur les relations économiques, signé en 1994, organise une quasi-union douanière entre Israël et les territoires palestiniens. Israël perçoit pour le compte de l'Autorité palestinienne les droits de douane et la taxe sur la valeur ajoutée sur les importations, puis les reverse sous forme de transferts mensuels. Ce mécanisme prive l'Autorité palestinienne d'une politique commerciale et monétaire autonome.

Effondrement de l'économie de Gaza

Selon la CNUCED, l'économie de Gaza s'est contractée d'environ 81 pour cent au dernier trimestre 2023, puis de 83 pour cent sur l'ensemble de 2024, le produit intérieur brut par habitant tombant à environ 161 dollars. La Banque mondiale a relevé une remontée de plus de 30 pour cent en 2025, à partir d'une base historiquement basse et sans reconstruction véritable. Les besoins de reconstruction ont été estimés à environ 71,5 milliards de dollars par la Banque mondiale, les Nations unies et l'Union européenne.

Activité en Cisjordanie

Le produit intérieur brut de la Cisjordanie a nettement reculé après octobre 2023, sous l'effet de la suspension des permis de travail en Israël et du durcissement des restrictions de circulation. La Banque mondiale situe ensuite la croissance autour de 3 pour cent en 2025.

Recettes fiscales retenues et crise budgétaire

Israël a suspendu en mai 2025 le transfert des recettes de dédouanement, selon la Banque mondiale. L'Autorité palestinienne n'a versé qu'entre 50 et 60 pour cent des salaires publics à la fin de 2025 et a accumulé des arriérés. Son endettement intérieur atteignait 3,3 milliards de dollars en décembre 2025.

Chômage et aide internationale

La Banque mondiale estime le chômage à Gaza à 78 pour cent en 2025 et à environ 28 pour cent en Cisjordanie. L'aide des bailleurs se maintient à des niveaux historiquement bas. L'appel humanitaire de 2026 coordonné par les Nations unies portait sur 4,1 milliards de dollars, financés à moins de 40 pour cent en août 2026.