Monnaies et paiements en Palestine

La Palestine ne dispose pas de monnaie propre et utilise simultanément plusieurs devises étrangères. Cette situation découle directement du protocole de Paris de 1994 et façonne la vie quotidienne comme le fonctionnement du système bancaire.

Absence de monnaie nationale

Le protocole sur les relations économiques signé en 1994 interdit à l'Autorité palestinienne d'émettre une monnaie autonome. L'Autorité monétaire palestinienne exerce plusieurs fonctions de banque centrale, comme la supervision bancaire et la gestion des systèmes de paiement, sans pouvoir conduire une politique monétaire indépendante ni jouer pleinement le rôle de prêteur en dernier ressort.

Shekel israélien, dinar jordanien et dollar

Le nouveau shekel israélien sert de monnaie principale pour les transactions courantes, les salaires et les prix affichés. Le dinar jordanien reste très utilisé pour l'épargne, l'immobilier et les contrats de longue durée, en particulier en Cisjordanie. Le dollar des Etats-Unis intervient dans le commerce extérieur, dans l'aide internationale et dans une partie des loyers. Les trois devises circulent souvent au sein d'un même commerce.

Banques et virements internationaux

Le secteur bancaire compte des établissements palestiniens et des filiales de banques jordaniennes, supervisés par l'Autorité monétaire palestinienne. Les virements internationaux passent par des banques israéliennes correspondantes pour les opérations libellées en shekels, ce qui rend le système dépendant de leur volonté de maintenir cette relation.

Correspondance bancaire et risque de rupture

Le maintien des liens de correspondance entre banques israéliennes et banques palestiniennes fait l'objet de dérogations périodiques accordées par les autorités israéliennes. Leur remise en cause a été évoquée à plusieurs reprises, avec un risque signalé par les institutions financières internationales pour le financement des importations. La Banque mondiale a par ailleurs relevé un endettement intérieur de l'Autorité palestinienne de 3,3 milliards de dollars en décembre 2025, qui pèse sur la liquidité du secteur.

Paiements, retraits et usage des espèces

Les distributeurs automatiques sont répandus dans les villes de Cisjordanie et délivrent selon les cas des shekels, des dinars ou des dollars. Les cartes internationales sont acceptées dans les hôtels et dans une partie des commerces urbains, tandis que les marchés, les taxis et les petites échoppes fonctionnent en espèces. Dans la bande de Gaza, la pénurie de billets et le recours à des intermédiaires facturant de fortes commissions sur les retraits ont été largement documentés depuis 2024.