La musique palestinienne

La musique palestinienne se joue à la fois dans les mariages de village, sur les scènes internationales et dans les studios de la diaspora. Elle combine un fonds vocal ancien, un répertoire instrumental arabe et des formes urbaines apparues depuis les années 1990.

Chant traditionnel et zajal

Le répertoire villageois repose largement sur le chant collectif. Les femmes conduisent les zaghareed, youyous et formules chantées qui ponctuent les mariages, tandis que les hommes pratiquent la sahja, un chant scandé accompagné de frappes de mains. Le zajal désigne une joute poétique improvisée en dialecte, partagée avec le Liban et la Syrie. L'UNESCO a par ailleurs inscrit en 2008 sur sa liste représentative la hikaye palestinienne, un art narratif pratiqué surtout par les femmes.

Dabké

La dabké est une danse de ligne exécutée en se tenant par les épaules ou par les mains, avec des frappes de pied marquées. Elle accompagne les mariages et les fêtes et se décline en plusieurs figures régionales. La troupe El Funoun, fondée en 1979 près de Ramallah, l'a portée sur scène en construisant un répertoire chorégraphique.

Oud et instruments

L'oud, luth à manche court et sans frettes, occupe une place centrale, aux côtés du qanun, du ney, de la darbouka et du riqq. Dans les campagnes, le mijwiz et le shubbabeh accompagnent la danse. Le Trio Joubran, formé par les frères Samir, Wissam et Adnan Joubran, issus d'une famille de luthiers de Nazareth, a fait connaître l'oud palestinien sur les scènes européennes et a longtemps accompagné les lectures de Mahmoud Darwich.

Voix et scène contemporaine

Rim Banna, née à Nazareth en 1966 et morte en 2018, a renouvelé le chant palestinien en mettant en musique des poèmes et des berceuses traditionnelles. Mohammed Assaf, originaire du camp de Khan Younès dans la bande de Gaza, a remporté en 2013 le concours télévisé Arab Idol, ce qui lui a donné une notoriété immédiate dans tout le monde arabe.

Hip hop palestinien

Le groupe DAM, formé en 1999 à Lod par Tamer Nafar, son frère Suhell et Mahmoud Jreri, passe pour le pionnier du rap en arabe palestinien. Une scène s'est ensuite développée en Cisjordanie, à Gaza et dans la diaspora, avec des textes qui portent sur l'occupation, le chômage et les rapports entre hommes et femmes.

Enseignement et festivals

Le Conservatoire national de musique Edward Said, créé en 1993 et rebaptisé en 2004 en hommage à l'intellectuel, forme des élèves à Jérusalem, Ramallah, Bethléem, Naplouse et Gaza. Il est à l'origine de l'Orchestre des jeunes de Palestine, qui réunit des musiciens des territoires et de la diaspora. Plusieurs festivals, dont le Palestine International Festival, accueillent chaque année des formations locales et étrangères.