La littérature palestinienne

La littérature palestinienne s'est construite en grande partie autour de l'exil, de la mémoire du territoire et de la vie quotidienne sous occupation. Elle s'écrit en arabe, mais aussi en anglais chez des auteurs de la diaspora, et une part importante en est accessible en français.

Poésie de la résistance

Dans les années 1960, la critique arabe donne le nom de poésie de la résistance aux textes d'auteurs restés en Galilée après 1948. Samih al-Qasim, né en 1939 et mort en 2014, en constitue une des figures majeures aux côtés de Tawfiq Ziyad. Fadwa Touqan, née à Naplouse en 1917 et morte en 2003, développe de son côté une oeuvre qui passe du lyrisme intime à l'engagement collectif.

Mahmoud Darwich

Né en 1941 dans le village de Birwa et mort en 2008 aux Etats-Unis, Mahmoud Darwich reste le poète palestinien le plus lu. Son poème Carte d'identité, publié en 1964, le rend célèbre très tôt. Ses recueils tardifs, comme Etat de siège écrit en 2002 à Ramallah, mêlent la question nationale à une méditation sur la langue et sur la mort. Il est enterré à Ramallah, où un musée lui est consacré.

Récit de l'exil et du camp

Ghassan Kanafani, né à Acre en 1936 et tué à Beyrouth en 1972, donne avec Des hommes dans le soleil, paru en 1963, un récit devenu classique sur des réfugiés qui cherchent à gagner le Koweït. Sa nouvelle Retour à Haïfa, publiée en 1969, aborde le retour impossible. Emile Habibi, né en 1922 et mort en 1996, choisit l'ironie dans Les aventures extraordinaires de Saïd le Peptimiste, roman paru en 1974 sur la condition des Palestiniens citoyens d'Israël.

Générations contemporaines

Adania Shibli, née en 1974, construit dans Un détail mineur, paru en 2017, un récit bref qui relie un fait de 1949 à une enquête menée aujourd'hui. Susan Abulhawa, née en 1970 et installée aux Etats-Unis, écrit en anglais et connaît un large succès avec Les matins de Jénine. Sahar Khalifa, née à Naplouse en 1941, consacre plusieurs romans à la place des femmes dans la société palestinienne.

Traduction en français

Le lectorat francophone dispose d'un fonds important. Les éditions Actes Sud, à travers leur collection consacrée au monde arabe, ont publié une grande partie de l'oeuvre de Mahmoud Darwich, traduite notamment par Elias Sanbar. Les romans de Ghassan Kanafani, de Sahar Khalifa et d'Adania Shibli existent également en français, ce qui rend cette littérature accessible sans passer par l'arabe.