La Palestine occupe une position de carrefour entre la Méditerranée, la vallée du Jourdain et le désert, ce qui explique la densité de son histoire. Cette page propose des repères chronologiques, des premières cités cananéennes à la période ouverte en octobre 2023.
Les archéologues situent à Jéricho l'une des plus anciennes agglomérations permanentes connues, occupée dès le neuvième millénaire avant notre ère. Au deuxième millénaire, la région s'organise en cités-Etats cananéennes qui commercent avec l'Egypte et la Mésopotamie. Les Philistins s'installent sur la plaine côtière vers le douzième siècle avant notre ère et donnent au pays le nom que reprend Hérodote.
Rome contrôle la région à partir de 63 avant notre ère et lui donne le nom de Syria Palaestina en 135 de notre ère. La période byzantine, ouverte au quatrième siècle, voit la construction de nombreuses églises, dont la basilique de la Nativité à Bethléem, et fait du pays une destination majeure de pèlerinage chrétien.
Les armées musulmanes prennent Jérusalem en 638. Les Omeyyades y achèvent le Dôme du Rocher en 691, avant que les Abbassides et les Fatimides ne leur succèdent. Les croisés s'emparent de Jérusalem en 1099 et fondent un royaume latin, jusqu'à la victoire de Saladin à Hattin en 1187. Les Mamelouks gouvernent ensuite la région de 1260 à 1516 et y laissent de nombreux monuments religieux.
L'Empire ottoman administre la Palestine de 1516 à 1917. Soliman le Magnifique fait relever les remparts de Jérusalem entre 1537 et 1541. La déclaration Balfour du 2 novembre 1917 annonce le soutien britannique à un foyer national juif en Palestine. Après la Première Guerre mondiale, la Société des Nations confie à la Grande-Bretagne un mandat sur le territoire, approuvé en 1922. L'immigration juive s'accroît, les tensions augmentent et une révolte arabe se déroule de 1936 à 1939.
L'Assemblée générale des Nations unies adopte le 29 novembre 1947 la résolution 181, qui recommande un partage de la Palestine. Le mandat prend fin le 14 mai 1948 et l'Etat d'Israël est proclamé, ce qui déclenche une guerre avec les Etats arabes voisins. Les Palestiniens désignent sous le nom de Nakba, la catastrophe, l'exode et l'expulsion d'environ sept cent mille personnes. Les accords d'armistice de 1949 placent la Cisjordanie sous administration jordanienne et la bande de Gaza sous administration égyptienne.
Lors de la guerre de juin 1967, Israël occupe la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza. L'Organisation de libération de la Palestine, fondée en 1964, passe sous la direction de Yasser Arafat en 1969. La première Intifada débute en décembre 1987 et la seconde en septembre 2000. Entre les deux, le Conseil national palestinien proclame l'indépendance de l'Etat de Palestine à Alger le 15 novembre 1988.
La déclaration de principes signée à Washington le 13 septembre 1993 ouvre le processus d'Oslo et conduit à la création de l'Autorité palestinienne en 1994. Les accords de 1995 découpent la Cisjordanie en zones A, B et C aux compétences différentes. Le statut final, qui devait être négocié en cinq ans, n'a pas été conclu à ce jour.
Yasser Arafat meurt en novembre 2004 et Mahmoud Abbas lui succède en 2005. Le Hamas remporte les élections législatives de janvier 2006, puis prend le contrôle de la bande de Gaza en juin 2007, ce qui installe une division durable avec la Cisjordanie. L'Assemblée générale des Nations unies accorde à la Palestine le statut d'Etat observateur non membre le 29 novembre 2012. Après l'attaque menée par le Hamas en Israël le 7 octobre 2023, l'armée israélienne conduit dans la bande de Gaza une offensive dont le ministère de la Santé local chiffrait les victimes à plus de soixante mille morts dans des bilans publiés en 2025.