Les codes de la conversation en Palestine reposent sur l'hospitalité, sur la politesse et sur l'attention portée au groupe. Un visiteur francophone y trouve un accueil chaleureux, à condition de connaître quelques usages simples.
La salutation ouvre systématiquement l'échange et prend son temps. Les hommes se serrent la main, souvent en portant ensuite la main droite sur le coeur. Entre un homme et une femme, l'usage prudent consiste à attendre que la femme tende la main la première, car certaines personnes pratiquantes ne serrent pas la main de l'autre sexe. Les questions sur la santé et sur la famille précèdent normalement le sujet de la rencontre.
L'hospitalité constitue une valeur centrale et le refus d'une invitation peut blesser. Le café arabe, parfumé à la cardamome, est servi dans de petites tasses sans anse. L'hôte en propose plusieurs fois et le convive signale qu'il a terminé en secouant légèrement la tasse avant de la rendre. Un thé sucré, souvent à la sauge ou à la menthe, accompagne les visites plus longues.
L'âge donne une autorité reconnue. Les personnes plus jeunes se lèvent à l'arrivée d'un aîné, le saluent en premier et lui laissent la parole. Dans une famille, la réponse aux questions vient souvent du membre le plus âgé présent, ce qui n'exclut pas les autres de la conversation.
La politique et l'occupation reviennent naturellement dans les échanges et beaucoup de Palestiniens souhaitent en parler. Il reste préférable de laisser l'interlocuteur ouvrir ces sujets et d'écouter plutôt que de porter des jugements. Les questions sur la religion, sur les revenus ou sur la situation familiale des femmes appellent la même retenue.
Une tenue qui couvre les épaules et les genoux convient partout et évite les malentendus, en particulier à Hébron, dans la bande de Gaza et dans les villages. Les femmes portent un foulard pour entrer dans une mosquée et les visiteurs s'y déchaussent. Pendant le ramadan, boire, manger ou fumer en public dans la journée est mal perçu, même si les restaurants des quartiers chrétiens restent ouverts.
Les Palestiniens acceptent volontiers d'être photographiés lorsque l'accord a été demandé au préalable, ce qui vaut particulièrement pour les femmes et les enfants. La photographie est en revanche interdite aux checkpoints, aux abords des installations militaires et le long de la barrière de séparation, et les appareils peuvent y faire l'objet d'un contrôle.