L'artisanat palestinien repose sur des savoir-faire attachés à des villes précises et transmis dans les familles. Plusieurs de ces métiers font vivre des ateliers et des coopératives et alimentent une part du commerce lié au tourisme.
Le tatreez désigne la broderie au point de croix qui orne les robes traditionnelles, ou thob. Chaque région possédait ses motifs et ses couleurs, ce qui permettait d'identifier l'origine d'une femme à sa robe, avec des variantes reconnaissables à Ramallah, Bethléem, Hébron ou Gaza. L'UNESCO a inscrit en 2021 l'art de la broderie palestinienne sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité.
Les savonneries de Naplouse fabriquent depuis des siècles un savon dur à base d'huile d'olive locale et de soude végétale. La pâte est cuite dans de grandes cuves, étendue au sol, découpée en cubes puis empilée en tours ajourées pour sécher plusieurs mois. Quelques ateliers familiaux poursuivent cette production, dont le nombre a fortement diminué au vingtième siècle.
Bethléem s'est spécialisée dans la sculpture sur nacre et sur bois d'olivier, un artisanat lié au pèlerinage et développé depuis l'époque ottomane. Les ateliers produisent des crèches, des croix et des icônes en relief, vendues sur place et exportées vers l'Europe et l'Amérique.
La céramique dite arménienne de Jérusalem est née en 1919, lorsque des céramistes venus de Kütahya furent appelés pour restaurer les revêtements du Dôme du Rocher. Leurs descendants et leurs élèves produisent toujours des carreaux, des plaques de rue et de la vaisselle à décor bleu et vert.
Hébron abrite des ateliers de verre soufflé qui recyclent le verre usagé et donnent des pièces bleues, vertes ou ambrées. La ville produit également une poterie utilitaire et des bijoux de verre vendus dans tout le pays.
Le keffieh, foulard de coton à mailles noires et blanches, est devenu un emblème national au vingtième siècle. La fabrique Hirbawi, ouverte à Hébron en 1961, reste la dernière à le tisser en Palestine, la plus grande partie des keffiehs vendus étant aujourd'hui importée.
De nombreuses coopératives de femmes, installées dans les villages et dans les camps, vendent broderies, huile d'olive, savon et maftoul. Elles fournissent un revenu complémentaire aux familles et contribuent à la transmission des motifs anciens.